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Comment soutenir son partenaire amoureux dans la guérison d’un trouble alimentaire ?

La gestion d’un trouble alimentaire dans le contexte d’une relation de couple peut se révéler complexe, mais déterminante pour le rétablissement. L’implication d’un partenaire peut grandement influencer le processus de rémission des troubles alimentaires, créant une dynamique positive qui encourage la guérison.

La thérapie de couple joue un rôle majeur en offrant un espace pour améliorer la communication et l’intimité entre les partenaires. Les professionnels accompagnants peuvent vous aider à mieux comprendre le trouble alimentaire et l’approche utilisée pour le rétablissement. 

Types de thérapies disponibles

Lorsqu’il s’agit de traiter des troubles des conduites alimentaires, plusieurs approches thérapeutiques peuvent être envisagées. La participation de la famille est souvent intégrée au traitement, en particulier lorsque la personne affectée est un adolescent, renforçant ainsi le soutien et contribuant au rétablissement.

Les troubles des conduites alimentaires, tels que l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et l’hyperphagie, peuvent être traités efficacement par diverses formes de psychothérapie. Ces approches thérapeutiques incluent :

  1. Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : Elles aident à modifier les comportements alimentaires dysfonctionnels et les fausses croyances qui les alimentent.
  2. Thérapies systémiques : Impliquent souvent la famille ou le.la partenaire pour résoudre les enjeux interpersonnels et soutenir le rétablissement.
  3. Thérapies individuelles ou de groupe : Permettent un espace pour explorer les traumatismes et les facteurs émotionnels liés aux troubles alimentaires.
  4. Thérapies analytiques : Se concentrent sur les motivations inconscientes influençant les comportements alimentaires.

En outre, les options de thérapie numérique et en ligne offrent une flexibilité précieuse, permettant un traitement adapté aux besoins individuels. Ces multiples approches thérapeutiques permettent un traitement personnalisé visant non seulement les symptômes alimentaires, mais aussi les relations sociales et amoureuses.

Par exemple, chez des personnes faisant face à l’hyperphagie, la TCC serait efficace dans l’accompagnement des couples. En effet, l’amélioration de la communication, de la gestion des conflits et de la gestion des émotions permet aux couples d’apprendre à répondre efficacement aux comportements hyperphagiques. Le soutien et la confiance au sein de la relation sont aussi des éléments importants pour favoriser la guérison des personnes atteintes de troubles alimentaires (Sadeh-Sharvit et coll., 2020 ; Weber et coll., 2019 ; Tosyali et Harma, 2021). 

Plusieurs études soulignent un plus haut taux d’arrêt des crises hyperphagiques chez les patients qui ont reçu un traitement incluant leur partenaire, comparativement à ceux qui ont fait le traitement sans l’implication du partenaire amoureux (Sadeh-Sharvit et coll., 2020). 

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Avant d’entreprendre une psychothérapie, un accompagnement psychosocial peut être bénéfique pour :

  • Ventiler sur les difficultés des derniers temps, 
  • Recevoir un accueil bienveillant et compréhensif des symptômes,
  • Prendre conscience des répercussions dans les différentes sphères de vie,
  • Intégrer des outils de gestion des émotions,
  • Développer une plus grande connaissance de soi et de son trouble,
  • Pratiquer la communication et l’affirmation de soi, etc.

Ce processus implique souvent une collaboration étroite entre divers professionnels de santé, notamment médecins, psychologues et diététiciens. Ensemble, ils travaillent à rétablir une relation saine avec la nourriture et le corps.

La rééducation nutritionnelle est un autre pilier fondamental, visant à instaurer de saines habitudes alimentaires. 

La participation de la famille est fréquemment encouragée tout au long du processus de traitement, afin de renforcer le soutien émotionnel et d’améliorer les résultats thérapeutiques. 

Rôle du ou de la partenaire amoureux ou amoureuse

L’implication positive de la famille et du partenaire peut améliorer significativement les résultats thérapeutiques et renforcer les relations sociales et amoureuses, aidant à sortir du cercle vicieux des troubles alimentaires. Participer activement à toutes ces étapes maximise les chances de rétablissement durable. 

Le ou la partenaire peut s’impliquer dans le cheminement de diverses méthodes, par exemple : 

  • Être présent.e à certaines rencontres pour aborder les difficultés vécues à la maison,
  • Aider la personne atteinte du trouble à maintenir ses moyens mis en place, 
  • Organiser l’agenda familial afin de libérer l’autre personne pour sa thérapie, etc.

Cela pourra aider la personne à se concentrer sur son rétablissement. 

Routines de soutien quotidien

Établir des routines quotidiennes peut être un atout précieux pour les couples confrontés aux défis des troubles alimentaires. Ces routines permettent non seulement d’alléger la charge émotionnelle, mais aussi de renforcer le soutien mutuel entre partenaires. Un cadre structuré aide à gérer les moments de stress ou de détresse, tout en créant un environnement sain qui favorise la guérison. Ces routines peuvent inclure : 

  • Des techniques de respiration, 
  • Des rencontres avec des professionnels, 
  • Des activités de détente, etc.

Les couples peuvent alors détourner l’attention des pensées négatives. En adoptant ces routines, il est possible non seulement de mieux gérer les défis liés aux troubles alimentaires, mais aussi de renforcer la relation de couple. 

Gérer les repas et défis ensemble

Pour la gestion des repas, il est primordial de suivre les recommandations nutritionnelles indiquées pour le cas unique de la personne atteinte du trouble alimentaire. En effet, ces recommandations peuvent varier d’un individu à l’autre. Vous pouvez soutenir votre partenaire dans la réalisation et la planification de ces directives.

Il est important de respecter le degré d’aisance de la personne atteinte du trouble alimentaire et de réaliser des défis d’ampleurs grandissantes. Le support du partenaire est alors bénéfique pour la réalisation de ce défi. Vous pouvez d’ailleurs planifier des activités ou des moyens agréables pour réduire le stress entourant les repas et les défis nutritionnels. 

Les repas ne doivent pas se transformer en moments de tension. Il est important d’exprimer ses émotions, comme la colère ou la frustration, mais il vaut mieux le faire en dehors des repas. 

Créer un environnement positif 

La participation active dans la gestion des troubles alimentaires, par le biais d’activités communes et de plans de gestion du stress, peut considérablement alléger la charge émotionnelle pour les deux partenaires. 

Évitez également de faire des commentaires sur l’apparence physique et sur l’alimentation. Il est préférable d’encourager la personne à s’investir dans des activités enrichissantes et valorisantes, sans lien avec la nourriture ou le poids. Soyez aussi attentif à la manière dont vous parlez du corps des autres et de votre propre apparence : certaines remarques, même anodines, peuvent être mal perçues par une personne souffrant de troubles alimentaires.

Vers un rétablissement progressif et durable

Les couples peuvent traverser cette épreuve en cherchant une aide professionnelle, évitant ainsi de tomber dans le rôle de soignant unique, ce qui pourrait nuire à la dynamique de leur relation. 

Encourager de petits progrès

La reconnaissance des petites avancées réalisées par la personne souffrant de troubles alimentaires est cruciale. Souligner ces progrès, même minimes, peut favoriser une ambiance de renforcement positif. Il peut être difficile pour la personne atteinte de trouble alimentaire de constater ces améliorations au quotidien, le.la partenaire joue alors un rôle important pour lui refléter ces efforts. 

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Fixer des objectifs réalistes et atteignables

Dans le processus de guérison des troubles alimentaires, il est fondamental de fixer des objectifs réalistes et atteignables. Cela contribue à maintenir la motivation à long terme, évitant le découragement. Plutôt que de se concentrer uniquement sur des objectifs de poids spécifiques, il est bien plus productif de viser des objectifs positifs et stimulants qui soutiennent l’engagement personnel. 

Les méthodes choisies doivent être adaptées aux besoins individuels de chacun pour favoriser persévérance et engagement dans le processus de guérison. Ces visées peuvent être : 

  • Réduire les pensées obsessives envers l’alimentation et le corps,
  • Développer des habitudes quotidiennes pour prendre soin de soi,
  • Construire une relation plus saine à certains aliments, 
  • Améliorer l’affirmation de soi et de ses limites,
  • Avoir un discours intérieur plus bienveillant, etc. 

Le partenaire peut alors aider à atteindre ces cibles et motiver la personne atteinte du trouble. Il serait aussi pertinent d’identifier un ou des buts communs qui sont présentement plus difficiles à réaliser avec le trouble alimentaire, tel que : 

  • Voyager à un endroit désiré depuis longtemps, 
  • Essayer une nouvelle activité à l’extérieur, 
  • Aller dans votre restaurant préféré, 
  • Organiser une sortie avec des amis, etc. 

Conclusion et soutien à long terme

La présence de troubles alimentaires dans une relation de couple nécessite de la patience, de la compréhension, et un engagement sur le long terme. Le soutien continu peut prendre des formes multiples et doit être adapté aux besoins des partenaires.

  • Intégration d’activités bien-être : Participer à des promenades, pratiquer des passe-temps communs.
  • Gestion du stress : Utiliser des techniques comme la respiration guidée ou solliciter un accompagnement professionnel si nécessaire.
  • Communication efficace : Échanger régulièrement pour ajuster les attentes et les routines.

Suggestions de pratiques :

StratégieExemple d’application
Activités bien-êtrePartager un cours de yoga par semaine.
Sortir en plein air régulièrement (randonnée, marches, relaxer dehors, etc.)
Techniques de relaxationPratiquer la méditation ensemble.
Masser les zones de tension mutuellement.
Communication ouvertePrendre 5 minutes quotidiennement pour exprimer ses ressentis. Exemple de questions pouvant être posées : Comment te sens-tu aujourd’hui ? De quoi aurais-tu besoin pour te sentir mieux ? Qu’est-ce qui t’a fait sentir apprécié/bien/aimé aujourd’hui ? 

Vivre avec un partenaire atteint de troubles alimentaires implique également de se soutenir sans s’oublier. Il est crucial de chercher l’équilibre pour éviter d’être submergé par la situation. La compréhension mutuelle et l’adaptation des habitudes quotidiennes peuvent renforcer le lien du couple et offrir une stabilité essentielle pour surmonter les défis pendant la guérison du trouble alimentaire. 

Références

Sadeh-Sharvit, S., Sacks, M. R., Runfola, C. D., Bulik, C. M., et Lock, J. D. (2020). Interventions to empower adults with eating disorders and their partners around the transition to parenthood. Family Process, 59(4), 1407–1422. https://doi.org/10.1111/famp.12510

Tosyali, A. F., et Harma, M. (2021). The role of co-regulation of stress in the relationship between perceived partner responsiveness and binge eating: A dyadic analysis. International Journal of Psychology: Journal International de Psychologie, 56(3), 435–443. https://doi.org/10.1002/ijop.12712

Weber, D. M., Fischer, M. S., Baucom, D. H., Baucom, B. R. W., Kirby, J. S., Runfola, C. D., Matherne, C. E., & Bulik, C. M. (2019). The Association between Symptom Accommodation and Emotional Coregulation in Couples with Binge Eating Disorder. Family process, 58(4), 920–935. https://doi.org/10.1111/famp.12391

Auteurs/autrices

  • Nathalie St-Amour Ph.D.

    Nathalie St-Amour, fondatrice et directrice de la Clinique St-Amour, est une experte multidisciplinaire en psychologie, sciences infirmières et kinésiologie, avec plus de 30 ans d’expérience dans le traitement des troubles de l’alimentation. Détentrice d’un doctorat en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle a consacré sa carrière à aider ses patients à retrouver un équilibre avec leur image corporelle et leur relation à la nourriture, y compris ceux ayant besoin d’accompagnement avant et après une chirurgie bariatrique. Passionnée par la prévention et l’innovation, Mme St-Amour dirige une équipe dédiée et s’implique activement dans la recherche et la création de méthodes de soutien adaptées pour améliorer le traitement des personnes qui souffrent de troubles alimentaires.

    Docteure en psychologie
  • Lauriane Provost

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